SERGE RACHMANINOFF

SERGE RACHMANINOFF

S’il est un compositeur qui incarne, à la suite de Tchaikovsky, l’essence même de ce qu’on peut appeler « l’âme russe », c’est bien Rachmaninoff.

A une époque où s’élaborent en Europe les courants modernistes, et où s’affirment des personnalités comme Ravel, Bartok et Schoenberg, Rachmaninoff reste attaché au post-romantisme et réussit à créer un univers musical qui possède sa physionomie personnelle bien reconnaissable sans nullement apparaître comme un imitateur.

Il fait partie de ces compositeurs qui ont trouvé de bonne heure leur langage propre et s’y sont tenus pour l’essentiel tout au long de leur vie. Ses modèles sont Chopin, Schumann, Liszt et surtout Tchaikovsky, qui a suivi ses débuts avec intérêt et bienveillance et à la mémoire duquel il dédiera son Trio élégiaque.

Russe, Rachmaninoff l’est moins par son recours au folklore que par son tempérament, par son art de la cantilène et de la création de climats psychologiques intenses, et aussi par ses liens avec la littérature et la religion de son pays. Il a mis en musique des textes de Pouchkine, Lermontov, Alexeï Tolstoï, Tioutchev, Nekrassov. II a été un proche ami de Tchekhov, qui l’a admiré.

II est aussi celui qui a donné à la musique russe ses deux plus grands monuments religieux, avec la Liturgie de Saint Jean Chrysostome et les Vêpres.

Par ailleurs, peu de compositeurs auront été des musiciens aussi complets, auront pratiqué avec autant d’aisance toutes les formes et les genres musicaux et auront concilié à un niveau également élevé leur activité créatrice avec celle de concertiste et de chef d’orchestre.

Dans l’image que nous en avons, le pianiste virtuose dévoué à son instrument tend parfois à occulter les autres aspects de sa personnalité musicale. Mais il ne faut pas oublier que Rachmaninoff a été aussi un chef d’orchestre de haute qualité, non seulement comme créateur de ses propres œuvres, mais aussi au pupitre des grands théâtres d’opéra de son pays, en particulier au Théâtre Bolchoï de Moscou.

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